Le ventilo est à fond, la fenêtre ne s'ouvre que dans la fraicheur du soir.
Elle regarde son corps allongé, nu, cherchant l'air frais, à tout prix. Elle sourit, elle ne le reconnais pas.
Sous ses doigts sont ventre cogne doucement, et ça la fait rire. Sa poitrine est de plus en plus lourde, mais elle ne lui fait pas mal, sa fonction lui parait de plus en plus évidente au fil des jours, des mois qui passent.
Maintenant, tout ce que peut faire son corps, c'est pour Elle.
Je cogne encore, tout doucement, surtout quand Maman est sur le ventre, parceque ça m'écrase un peu, et j'ai horreur de ça.
Et pourtant dans ces moments là Maman est bien, Papa lui caresse le dos tout doucement, il s'occupe d'elle, et ça m'apaise moi aussi.
Mon but pour le moment est de bien grandir, au chaud, à l'abri, au calme aussi. Même si de plus en plus souvent je sens des mains pour me pousser, pour me sentir au travers de Maman.
Et Maman se laisse faire, je sens bien qu'elle s'en amuse, après tout c'est son corps à elle aussi que tout le monde touche, observe, étudie sans arrêt. Mais je sais qu'elle me sens moi, et ça compense tout.
Et puis Papa essaye de me sentir aussi, et j'aime bien ça.
Il la regarde tendrement, la caresse, la sens bouger sous ses doigts.
Il essaye de reconnaître son corps, son nouveau corps tout rond, tout doux, et cette petite vie qui grandit en elle.
Sa fille., même s'il n'ose pas encore l'appeler comme ça, de peur de...de quoi déjà ?
De peur qu'elle ne sorte pas, ou qu'il arrive quelque chose de grave. Ca peut toujours arrivé, et il a toujours préféré être prudent.
Mais malgrès lui il continue à la caresser, à chercher sous ses mains les petits signes de sa présence à elle, à l'intérieur.
Ces petits coups qu'il sent à grand peine. Il se prend à envier la femme qu'il aime, de sentir en elle ce petit être qui pousse, sans efforts, sans avoir besoin de chercher ainsi à créer le contact, lui qui n'est qu'un homme ne peut pas, ne pourra jamais ressentir ces choses là.
Elle sourit, encore un petit coup de pied, ou de main ? Qui sait ?
Elle voudrait à la fois tenir sa fille dans ses bras et en même temps la garder là, au chaud en elle, ne pas la laisser sortir, se faire mal, découvrir les dangers de la vraie vie...
Il faudra bien pourtant. Dans 4 mois.
En attendant, elle est là, et elle en prend soin...
Sourire.







