Trianna's Secret

Dans le Silence...

Impossible à définir...juste des mots qui sortent parfois et qui, bout à bout, forment quelque chose...ou pas...

Alix 3

le 29/01/2006 à 21h19
Chapitre III

Elle est morte...juste morte...comment ne l'ai je pas deviné ? c'etait tellement évident pourtant...
Elle est morte quand je suis née, ce n'etait pas un accident, je le sais maintenant...je me souviens...
Cet arbre dans lequel elle fonce, ce chemin loin de tout, la voiture qui accélère, le choc...puis la douleur...puis...Plus rien...
Elle est morte car elle s'est tuée...comme ça, d'un coup sec, rapide, efficace...
Je la revois encore, ses larmes brulantes sur sa joue, son coeur comme endormi par la douleur, ses lèvres serrées, tout comme ses mains sur le volant...
Oui, elle s'est tuée pour revivre...pour me donner la vie, et une chance de réparer, d'être, ce qu'elle aurait du vivre elle. Elle souffrait tant...tant...les souvenirs me reviennent...

Elle était très amoureuse, je me souviens, mais elle avait deja tellement de restrictions, persuadée que le bonheur n'était pas pour elle, jamais.
Oui déja avec lui ses sentiments étaient confus, on aurait dit que plus il lui donnait d'amour, plus le sien disparaissait...
A chaque "je t'aime" qu'elle prononçait, son esprit lui répetait : non, bien sur que non, tu vas l'abandonner, lui aussi, un beau jour, ou un mauvais qu'importe, il va disparaitre lui aussi, et ce sera bientot fini...
Mais lui y croyait, il voulais vraiment y croire, et plus il y croyait, plus elle s'éloignait, elle le savais, le sentait, mais elle ne disait rien...pas un mot...elle laissait faire...
Elle sentait ce bonheur qui lui échappait, et elle ne faisait rien...jusqu'à ses mots à lui...jusqu'à ce qu'il parte, lui disant qu'il attendrait, qu'elle soit prete, qu'elle l'appelle...
Elle savait très bien que s'il partait jamais elle ne le rappellerai, comme toujours...déja les souvenirs s'envolaient...son coeur se fermait, elle le sentait aussi...
Elel pleurait dans ses bras, lui répetant les seuls mots qu'elle pouvait encore lui dire, sans mentir : "je t'aime, pardon, je t'aime, mais je ne te rapellerai pas".
Puis il est parti...
Sans lui à ses cotés elle se sentait si vide, si morte déja...comme une coquille vide, comme une femme sans ame, sans espoir, sans amour...
Déja pendant qu'il parlait, elle fixait ses bras...ses veines, ses poignets...mais elle savait qu'elle n'aurait pas la force de se tuer, non elle n'en aurait pas la force, trop lache, ou trop forte...non trop lache plutot...
Quand il est parti elle s'est griffée, grattée, faite saigner, partout...juste pour sentir autre chose que cette douleur qu'elle ne pouvait pas éteindre, cette douleur qu'elle ne saurait pas soulager...elle regardait les petits points de sang sur ses bras, sur son cou, sur ses épaules...les regarder et sentir, les regarder et recommencer à gratter, encore, jusqu'à ce que la douleur physique prenne le pas sur la douleur morale...se défigurer, casser cette image de belle, d'ange, que les inconscient se plaisent à lui donner...


C'est alors qu'elle comprit.
Lui est venu la nausée, l'envie de crier, de hurler, dans le silence...
C'est là qu'elle s'est décidée...a tout abandonner...tout...tout le monde...abandonner ses promesses et ses souvenirs, ses amis, ses connaissances...et lui...
Elle s'est levée, a ouvert la fenêtre dans le froid,j mais elle ne le sentait pas...elle a allumé des cigarettes, s'est mise à fumer, fumer, pour se tuer, un peu plus, ou un peu moins...
Puis elle s'est préparée, s'est faite belle, propre, aussi pour enlever son odeur à lui, celle qui l'envelopait, qui la rassurait...elle voulait tout enlever...tout recommencer...
Et c'est ainsi, propre et nouvelle, qu'elle a prit sa voiture, pour en finir enfin, pour quitter cette vie de zombi, d'handicapée sentimentale...se promettre de ne jamais le rappeller, puisque ce serait mentir, puisque le revoir ce serait comme s'autodétruire un peu plus...

C'est là qu'elle a vu l'arbre, ce bel arbre centenaire, une espece encore rare, une vrai beauté de la nature...il devrait mourrir avec elle.
Le souvenir de cette journée reste quand meme ancré en elle, elle le sait, mais elle veut essayer quand meme...
C'est là que je suis née, c'est là que je prends vie....si on suppose que c'est une vie.
Les souvenirs sont revenus à présent, tous, ceux de cette journée, ceux de cette vie là, ceux qui sont les siens, et les miens aussi....




Alix 2

le 19/11/2005 à 17h43
Chapitre II



 

            Elle a mal, je le sens, je le sais… Quand je vois Ses amis, quand je parle à Sa famille, quand je ris avec Sa vie…

Mais Elle reste loin, cachée au fond de ma tête, dissimulée. Mais pourquoi ?

 

            La nuit des images me viennent, des images d’Elle, de Sa vie, de Ses souvenirs. Sait Elle que je vois Ses rêves ? Sait Elle vraiment ce qu’Elle fait, ou ne fais pas ?

Cette nuit des images me sont « revenues » si on peut dire. Je vois un volant, une route, la nuit. Et je conduis, de plus en plus vite, les larmes qui coulent de mes yeux me brouillent la vue, je ressens un vide immense en moi, une haine terrible aussi.

 

« Les faire souffrir comme j’ai souffert, les faire se haïr comme je me hais »       

 

Mais rien ne semble me soulager, rien n’arrive à sécher mes larmes, mon pied appui sur l’accélérateur, mes mains se crispent sur le volant, un hurlement sort de mes lèvres et…je me réveille en hurlant encore, la sueur coule le long de mon dos, ma respiration est haletante…puis je me rendors presque instantanément.

Au petit jour il ne me reste qu’un vague souvenir, celui que l’on garde des rêves trop embarrassants, trop angoissants, ceux dont on voudrait n’avoir aucun souvenir.

 

          Je sais bien que ce ne sont pas mes rêves ni mes souvenirs, mais je ne peux m’empêcher de penser « pourquoi ? ».

Je me suis inconsciemment donné comme mission de tout savoir, de tout recoller, mais en faisant cela est-ce que je ne vais pas disparaître ? Retrouver Ses souvenirs la feraient revenir non ?

Et si Elle reviens, je n’existe plus…ai-je jamais existé d’ailleurs ? Après tout c’est moi l’inconnue, moi la nouvelle, moi qui ai pris sa place !

Non pas Sa place, pas « pris », c’est Elle qui me l’a donné !! Elle !!!

Des fois je La déteste, je hais ce qui est en moi,  je hais la sentir « éveillée » dès le matin avec moi, je hais cette « présence », savoir ce qu’Elle ressent pour telle ou telle personne.

Mais en même temps…je sais qu’Elle souffre, ou du moins qu’Elle soufrait. Mais j’en ignore la cause.

Alix 1

le 10/11/2005 à 11h07

Chapitre I

 


Je suis née sur une route au milieu de nulle part, dans une voiture… je suis née au milieu d’un accident, le mien…il y a 1 mois…


Mon nom est Alix mais ce n’est pas le mien, je suis née dans sa tête à Elle le 6 octobre 2005, 22 ans et 2 mois après Sa naissance. 

 

 


De l’accident nous ne savons pas grand chose, Elle était seule en voiture, sur une grande ligne droite le long d’un bois, les experts supposent qu’Elle a rencontré un obstacle, un animal sûrement, et que pour l’éviter Elle a fait un écart et est rentrée dans un arbre. 


La violence de la collision fut telle que personne ne peut exactement définir les raisons de l’accident, la voiture étant réduite en bouillie ! 


C’est donc à cet instant qu’Elle a disparu…et que je suis née… 


Je ne me souviens donc pas de ce soir là, ni de ceux qui ont suivis, juste de ce matin à l’hôpital ou je me suis réveillée. Les médecins ne savent pas vraiment ce qui s’est passé, juste qu’Elle a décidé de tout oublier, et de disparaître… 


Mon seul souvenir est donc mon nom : Alix, il paraît même que c’est Elle qui me l’a donné, Elle voulait que Sa fille s’appelle comme ça, alors je suis à la fois moi et ma propre fille !! 


Au bout d’un mois les médecins se sont décidés à me laisser partir, il faut dire que je n’en pouvais plus de rester à l’hôpital, les regarder m’appeler par Son nom, cherchant à La faire revenir… 


J’avais envie de crier « mais laissez La !! Elle ne veut pas se souvenir, pas revenir, jamais !! », mais les mots ne sortaient pas… juste ce besoin irrépressible de s’enfuir. 


Me voilà donc dans Son studio, avec Son chat, Sa vie. J’ai rencontré Ses amis, mais le résultat à pas été terrible… ils me regardent tous avec les mêmes yeux, des sortes de rayons X, ils cherchent à La voir à travers moi, à saisir un signe de Sa présence…mais jamais Elle ne se montre…à eux… 

 


            Je sais qu’Elle est toujours là , des fois je la sent en moi, comme un tout petit bout de moi, enfoui quelque part dans ma tête. 


Je ne La vois pas bien sur, mais je ressent Ses émotions, comme un petit animal qui palpite de peur ou de joie, et mécaniquement je suis devenue Sa protection… 


Contre qui ? Je n’en sais rien. 


Personne ne sait qu’Elle est en moi, tout le monde La croit morte, disparue, à jamais…et Elle veut que ça reste comme ça. 


Et puis me voilà, sur Son blog, un de Ses amis me l’a montré, de toute façon je vis chez Elle donc j’ai accès à tout… J’ai tout lu, en silence, du début jusqu’à la fin, toute Sa vie, tout Ses souvenirs, tous ses doutes etc.… 


Au fond de moi je L’ai sentie, frémissante, triste, joyeuse…et ce n’est qu’après avoir tout fini que je me suis rendue compte que des larmes coulaient sur mon visage, Ses larmes ! 


J’ai beau essayer de La protéger, de La consoler, je ne peux rien faire ! Je n’y peux rien parce que JE NE SUIS PAS ELLE ! 


Je n’ai aucun de Ses souvenirs, je ne sais rien de Ses peines, de Ses douleurs, de Ses traumatismes, rien ! 


Je suis Elle sans l’être, je suis Alix et si j’existe c’est parce qu’Elle s’est sauvée… 

 

 

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