Je n'ai pas envie de pleurer, ni de m'effondrer dans les bras de mes amis.
Je n'ai pas l'impression de les quitter, et pas l'impression que je ne les reverrai plus.
Je ne suis pas malheureuse, je ne suis pas seule, je ne suis pas déprimée.
Alors quel est le problème ?
Le problème qui fait que mes bras me démangent à nouveau, que mon corps se bat contre moi, qu'il me fait mal, tellement de mal...
Ce qui fait que lorsque je me regarde dans la glace je suis emportée plus d'un an auparavant, avec ces mêmes marques, ces mêmes séquelles. Toutes ces traces qui font que je ne vais pas bien, pas bien du tout, et que je ne le sais pas.
Ce n'est pas que je ne sais pas, juste que je refuse. Ne pas se laisser aller, pas maintenant, pas tout de suite, aller de l'avant, ne pas résister.
Rester forte, garder la tête froide, j'ai encore tellement de choses à faire.
Je n'ai pas le temps de me poser des questions, pas le temps, de pleurer, pas le temps de penser à autre chose.
Je n'ai pas le temps, pas le droit, pas l'envie, de me mettre à pleurer, d'avoir peur, ou de perdre le nord.
Alors je reste comme ça, et j'avance, le matin je sens l'eau qui me brûle par endroits, et mes ongles sont de plus en plus courts.
Des plaques rouges par endroit, et mon téléphone qui ne sonne pas.
Si une seule chose, une seule.
Une chose que je n'arrive pas à m'enlever de la tête, de nuit comme de jour, cette chose qui me ronge chaque jour un peu plus, qui me donne envie de hurler.
Mais contre quoi ? Et contre qui ?
Quand je pose des questions il me répond, quand je lui demande la vérité il me répond, quand je lui parle il me répond encore, quand je pleure aussi.
Alors quoi ?
Est ce que mes peurs se sont toutes réunies sur ce sujet là précisément ? Juste pour ne pas m'éparpiller ?
Mais moi c'est lui dont j'ai besoin en ce moment, vraiment, lui.
Et c'est la seule chose que je n'ai pas, que je n'arrive pas à avoir, que je ne peux atteindre. il est si loin...tellement loin de moi.
La distance n'est rien comparée à ce loin là. Ce loin là me fait peur, vraiment.
J'ai envie de tout envoyer en l'air, juste pour entendre la vérité, même si elle fait mal, pour entendre des mots, des vrais mots, en lesquels je pourrai croire.
Jamais je ne les ai sentis aussi faux.
Plus rien ne me touche aujourd'hui, sauf ça.
Car rien n'a d'importance, rien ne m'arrêtera, tout dépend de moi, et ça je sais faire.
J'ai déjà tout règlé avec moi même, et avec les autres.
Mais lui...je ne sens rien venant de lui. Rien de bon, et rien de mauvais, justement. Rien.
Et ce rien me ronge. J'ai besoin de mots, de mal, de rires, de soulagement, de douleur, de n'importe quoi mais pas de rien.
Je n'ai pas le temps de m'attarder sur des détails, mais celui là est trop important pour que je l'oublis.
Je ne lis plus en lui, et je n'aime pas ça.
Me plonger dans les restes de ma vie, et terminer le travail.
Me gratter la nuit, et essayer de ne pas y penser, me soigner, essayer de ne pas trop somatiser.
Que le temps passe, et qu'il passe vite.
Que les jours deviennent des mois, et les mois des années.
Que je sois enfin grande et que tout cela soit fini, que commence enfin ma vie.
[avec ou sans lui...]
Llyann




